CHAPITRE XXVIII

Comme de bien entendu, quand Yan toqua aux grandes portes du centre pénitentiaire, elles ne bougèrent pas d’un pouce.

Le Corellien se tenait devant la prison en compagnie de Lando et de Mara Jade. Tous trois portaient des combinaisons isolantes taillées dans les… rideaux du Lady Luck. Il fallait ça pour se protéger de l’atmosphère corrosive de Kessel.

Mara parla, son souffle faisant onduler le masque respiratoire plaqué sur sa bouche.

– Nous pouvons mobiliser une unité d’assaut, s’il le faut. Sur la lune, nous disposons d’une force de frappe largement suffisante.

– Non ! cria Lando, les yeux brillant d’excitation et d’inquiétude. On doit entrer sans endommager mon quartier général !

Le vent sec et glacial cinglait les yeux de Solo, qui tourna la tête. Il se souvint de la manière dont il haletait quand Skynxnex, l’âme damnée de Moruth Doole, les avait traînés, Chewie et lui, dans les mines d’épices sans leur fournir d’appareils respiratoires. Pour l’heure, Solo aurait aimé déloger Moruth Doole de sa tanière, à coups de pied dans les fesses, si possible. Le voir haleter comme un phoque à cause du manque d’air eût été un spectacle de choix.

Les deux hommes, pour tout dire, avaient un contentieux remontant à l’époque où Solo trempait encore dans la contrebande. Doole avait trahi le Corellien, qui s’en était tiré de justesse en larguant une cargaison de glitterstim destinée à un certain… Jabba le Hutt.

Lequel avait mal pris la chose !

Se grattant la tête, Yan se demanda ce qu’il fichait sur Kessel. Bon sang, il aurait donné n’importe quoi pour être avec sa femme et ses enfants. Ou au moins avec son vieux copain Chewie ! Des vacances ! Voilà ce qu’il lui fallait. De délicieuses, longues et luxueuses vacances !

Pour une fois…

– J’ai une meilleure idée, dit Mara, arrachant le Corellien à sa rêverie. Tu te souviens de Ghent, notre « craqueur » ? Il était presque devenu le bras droit de Talon Karrde, tellement il lui était utile. Eh bien, il est venu avec moi, et il se trouve sur la base lunaire.

Yan se rappelait parfaitement le jeune garçon. Il n’existait pas d’ordinateur capable de résister face à ce génie de l’informatique. Enthousiaste et plutôt sympathique, le gosse avait un seul défaut : il ne savait jamais quand tenir sa langue.

Pour l’heure, ils n’avaient pas besoin d’un type bien élevé, mais d’un craqueur de codes.

– Vendu, dit Yan. Il n’a qu’à venir avec le Faucon. J’y garde quelques gadgets qui pourraient bien nous être utiles. Plus vite on en aura fini, plus vite je pourrai repartir !

– Je suis d’accord, dit Lando. Un moyen d’entrer sans tout casser est exactement ce que je cherche.

Mara fit la moue.

– Je demanderai aussi un commando d’assaut. Depuis que tous les contrebandiers nous sont alliés, certains ont des démangeaisons dans les poings. Que voulez-vous, on ne change pas d’un coup des années d’habitude. Une bonne bagarre fera des heureux…

Une heure plus tard, frigorifié malgré sa combinaison isolante, Yan Solo commençait à perdre patience. Dans le lointain, il apercevait les fumées de deux usines de fabrication d’air. Les colonnes blanches étaient tout ce qui bougeait dans cet univers de désolation. Du moins à la surface… Au cœur des galeries, il le savait d’expérience, erraient des araignées d’énergie géantes prêtes à engloutir toutes les créatures qui croisaient leur chemin.

Un bang supersonique tira le Corellien de ses souvenirs. Sondant le ciel, il aperçut la forme familière du Faucon Millenium.

Le vaisseau se posa près du Lady Luck. Quand le sas fut ouvert et la rampe dépliée, cinq contrebandiers s’y engagèrent. Deux grandes femmes musclées – de la garde de Mistryl –, un Whipide et un Trandoshéen aux allures de reptile ouvraient la marche. Un insigne de la Guilde sur la poitrine, ces costauds étaient armés jusqu’aux dents. Solo se demanda un court instant comment ils faisaient pour ne pas ployer sous le poids de leur quincaillerie.

Le cinquième personnage n’avait pas encore fini de se poser un masque sur le visage. Yan reconnut Ghent, avec ses yeux pétillants et ses cheveux en bataille.

Le jeune homme regarda un instant Mara, puis se concentra sur l’impressionnante porte.

– Ça devrait être du gâteau, dit-il, fouillant déjà dans le sac d’outils qu’il avait en bandoulière.

Mara Jade et Lando vinrent se placer à côté de Yan et regardèrent Ghent se mettre au travail, pas plus perturbé que ça par le paysage ravagé de Kessel.

– Si on m’avait dit que je dépenserais un jour autant d’énergie pour entrer dans une prison, soupira Yan.

Terré derrière une porte blindée dans les sous-sols de la prison, Moruth Doole pensait tristement au bon vieux temps. Comparé au calvaire qu’il subissait depuis des mois, vivre sous le joug impérial avait été une vraie sinécure.

Du temps de sa splendeur, l’ancien maître du centre pénitentiaire habitait de somptueux appartements, au sommet du bâtiment, d’où il pouvait observer jusqu’à plus soif le paysage environnant. Pour se distraire, il pouvait dévorer un de ses insectes ou choisir une prisonnière rybet dans son harem personnel.

Depuis l’attaque de Daala, Doole avait transféré ses pénates dans le quartier de haute sécurité. Conscient qu’on ne lui ficherait pas éternellement la paix, il préparait ses défenses, travaillant presque sans relâche.

Soudain la lumière baissa d’intensité et son champ de vision s’emplit d’ombres indéfinissables. Avec un soupir, Moruth Doole tapa du bout de l’index sur l’œil mécanique qui compensait ses problèmes d’acuité visuelle. Pendant la bataille spatiale de Kessel, le précieux petit appareil s’était brisé. Doole avait réussi à le rafistoler, mais ça n’était plus vraiment ça, et il se retrouvait aveugle de temps à autre.

Doole décida de faire un peu d’exercice. Arpentant la pierre froide du sol de la cellule qui lui tenait lieu d’appartement, il ne fut pas long à se plonger dans ses souvenirs.

Kessel avait été dévastée par les Impériaux. A la surface, il ne restait à peu près que des ruines, et des dizaines de carcasses de vaisseaux dérivaient un peu partout dans le système. Moruth n’avait pas pu trouver le moindre engin volant – fût-ce une semi-épave – pour s’enfuir. Il n’avait pourtant aucune envie de moisir dans la prison.

Mais comment faire autrement ?

Jusqu’aux larves aveugles qui devenaient turbulentes ! Ces grosses chenilles munies d’appendices effilés étaient idéales pour travailler dans les salles non éclairées, à cause de la sensibilité du glitterstim à la lumière. Doole s’en était occupé, il les avait nourries (pas trop, pour ralentir leur croissance, mais assez pour qu’elles survivent) et voilà qu’elles fichaient la pagaille.

Moruth tira sa langue de batracien et émit un son coassant. Ces larves ingrates étaient ses enfants, des Rybets immatures qui n’avaient pas encore connu leur métamorphose finale. En attendant, il leur offrait une activité passionnante – envelopper les épices dans un conditionnement opaque –, et elles se révoltaient ! De quoi vous dégoûter à tout jamais de faire le bien !

Pour compliquer les choses, une poignée de larves avait réussi à se libérer. Errant dans les couloirs sinueux de la prison, elles gîtaient dans les cellules les plus sombres, prêtes à attaquer leur maître s’il se risquait à partir à leur recherche.

Moruth Doole n’avait pas la moindre intention de tomber dans le panneau. Il avait en tête des soucis bien plus importants.

Néanmoins, la situation lui tapait sur les nerfs. D’autant qu’un des plus gros mâles de son cheptel s’était permis de libérer toutes les « pouliches » soigneusement sélectionnées pour son harem. A présent, elles erraient dans la prison, privant Moruth d’un de ses derniers plaisirs.

Ainsi son univers était-il réduit à sa plus simple expression. Enfermé dans sa cellule, le Rybet faisait les cent pas, s’ennuyait à mourir et crevait de peur dès qu’il lui fallait mettre un pied hors du QHS, armé jusqu’aux dents, pour aller renouveler ses réserves de nourriture.

Bien entendu, Moruth disposait d’une voie d’évasion – un tunnel qu’il s’était creusé à coups de blaster et qui débouchait dans les galeries.

Dans le réseau de mines, on pouvait marcher des semaines avant de revoir le jour, à supposer qu’on y parvienne. Mais à quoi bon prendre le risque, puisqu’il n’y avait pas moyen de quitter la planète ?

D’autant plus que les galeries, ces derniers temps, étaient devenues très dangereuses.

Après l’attaque de Daala, tous les mineurs avaient fui comme des rats pendant un naufrage. Débarrassées des gardiens, des ouvriers et du vacarme constant des machines, les araignées d’énergie étaient revenues tisser leur toile de glitterstim le long des parois. Utilisant des détecteurs d’énergie cinétique spéciaux, Doole avait constaté que les monstres se rapprochaient sans cesse de la surface.

Le Rybet s’assit sur sa couchette et inspira profondément l’air humide de la prison. En d’autres temps, cela l’eût réconforté, car ses poumons de batracien se délectaient des atmosphères croupies. Aujourd’hui, il était trop déprimé pour y faire attention.

Jetant un coup d’œil fatigué à son écran de contrôle – un équipement inhabituel dans une cellule de QHS –, il eut la surprise d’apercevoir un vaisseau posé devant la prison.

Un vaisseau ?

Grossissant l’image, le Rybet poussa un grognement. Même si tous les humains se ressemblaient, il aurait mis sa langue à couper qu’il connaissait l’homme occupé à frapper à la porte.

Yan Solo ! L’être vivant qu’il détestait le plus. Celui qui l’avait plongé dans tous ces ennuis.

Solo, un jour, je te ferai manger des larves, comme au précédent directeur de la prison…

Devant les portes, Yan regardait Ghent résoudre le problème avec son efficacité habituelle. Bien en peine de dire à quoi servaient les multiples dérivations, épissures et branchements que le gamin avait faits, le Corellien eût pu jurer une chose : ça allait marcher !

Et ça marcha, comme le lui indiqua le cri de triomphe du craqueur de codes.

Immédiatement après, les battants de la porte se rétractèrent dans les murs. Une rafale d’air sous haute pression jaillit de la prison.

Les quatre contrebandiers épaulèrent leurs armes et mirent un genou à terre, prêts à faire feu. Voyant que rien ne se produisait, les deux gardes de Mistryl se relevèrent et se mirent en chemin. Le massif Whipide et le Trandoshéen les suivirent.

– Allons trouver ce chacal de Moruth Doole ! lança Yan.

Aucune option n’était séduisante, mais le Rybet devait faire un choix. Yan Solo, ses amis et leurs porte-flingue venaient de faire irruption dans la prison.

Et dire qu’on la tenait pour la plus inexpugnable de la galaxie !

Doole n’avait pas la moindre idée du mode d’emploi des systèmes de défense intégrés, qu’il s’agisse des canons-laser ou du champ désintégrateur. Sans son bras droit, Skynxnex, il était impuissant. Hélas, ce triple crétin avait trouvé malin de se faire tuer pendant qu’il poursuivait Solo dans les galeries.

Pauvre idiot ! A son âge, aller se faire dévorer par une araignée d’énergie !

Au terme de sa réflexion, Doole avait conclu qu’il ne lui restait plus qu’une chance : se fier à ses enfants, les larves aveugles qu’il maintenait dans l’obscurité depuis l’instant où elles s’extirpaient de la masse gélatineuse des œufs conservés dans la nursery jouxtant le harem.

Doole s’enfonça dans les couloirs, prenant au passage dans l’armurerie toutes les armes qu’il était capable de porter. Il les rangea dans deux sacs.

Quand il ouvrit les portes de la salle de travail, la lumière s’y engouffra. Exposées pour la première fois à la chaleur, les larves reculèrent, leurs yeux aveugles exorbités tandis qu’elles tentaient de déterminer qui était leur visiteur.

– C’est moi, les enfants, c’est moi…

Doole sélectionna les chenilles qui lui-paraissaient les plus en forme et les poussa dans les couloirs. Son plan était simple : en faire les gardiennes de sa position retranchée. Etant aveugles, il doutait qu’elles fassent souvent mouche, mais il espérait qu’elles tireraient avec enthousiasme une fois qu’il leur en aurait donné l’ordre. Avec un feu assez nourri, qui sait si Solo et ses amis ne seraient pas tués ?

Ça n’était pas le plan le plus génial du monde, mais faute de mieux…

Tandis qu’il faisait avancer les larves devant lui, Doole sentit une odeur musquée qui ne trompait pas. Les Rybets immatures avaient peur, car ils détestaient le changement. Jusqu’à l’âge adulte, son peuple était assez lamentable, il fallait bien l’avouer. Une fois acquises l’intelligence et la conscience, c’était une autre affaire. Doole en était la preuve vivante !

Distrait par ses pensées, il sursauta quand des cris aigus retentirent, provenant de trois cellules proches.

Sans crier gare, plusieurs des femelles de son ancien harem jaillirent et attaquèrent, jetant sur la petite troupe tout ce qui leur tombait sous la main.

Doole évita les échardes de plastacier, les couteaux de cuisine et les lourds presse-papiers qui convergeaient sur lui. Il essaya de dégainer un blaster, mais une cruche le percuta du côté sensible de son crâne.

Laissant tomber un de ses sacs, il sprinta dans le couloir en agitant les bras.

Une partie des larves le suivirent, d’autres choisissant de rester avec leurs mères. Le Rybet s’en fichait, car il n’avait qu’une idée : réintégrer au plus vite sa cellule.

Une fois arrivé au QHS, il referma la porte derrière lui et distribua ses blasters aux six défenseurs potentiels qu’il avait laissés entrer.

– Braquez-les dans la direction d’où viendra le bruit. Quand ils auront fait sauter la porte, ouvrez le feu. Pour ça, il faut appuyer sur ce gros bouton…

Les chenilles promenèrent leurs tentacules le long des canons des armes.

– On vise et on tire, c’est pourtant simple ! s’énerva Doole en plaçant les blasters dans leurs embryons de mains.

Soudain, son œil mécanique tomba en panne, le laissant dans l’obscurité totale.

Le Rybet grogna de terreur.

Le tunnel d’évasion n’était peut-être pas une si mauvaise idée.

Un drôle de sentiment au creux de l’estomac, Yan Solo courait dans les couloirs de la prison. Le bâtiment était hanté par des ombres glaciales, le bruit de ses pas ressemblant à un glas.

Dans son comlink, la voix de Mara Jade dit :

– Solo, nous l’avons trouvé. Il s’est barricadé dans le quartier de haute sécurité. Nous l’avons vu sur les écrans de surveillance. Il a des créatures armées avec lui.

– Je viens, dit Yan.

Quand il arriva, le Corellien constata que les deux gardes de Mistryl étaient en train de fixer des détonateurs à concussion sur une porte blindée.

Mara surveillait les opérations ; Calrissian, lui, s’énervait tout seul.

– Ne cassez rien de plus que le strict nécessaire, marmonnait-il. J’aurai déjà assez de frais de réparation comme ça…

Bien entendu, les deux femmes se fichaient comme d’une guigne de ses commentaires. Leur travail achevé, elles s’éloignèrent, rentrèrent la tête dans les épaules et se bouchèrent les oreilles.

De l’autre côté de la porte, des tirs de blaster résonnèrent. A l’écho, Yan estima qu’ils ricochaient contre les murs.

– Pas encore, tas de crétins ! piailla une voix que le Corellien reconnut sans peine.

Moruth Doole !

Les détonateurs explosèrent, soufflant la partie inférieure de la porte blindée. Le Whipide se précipita. D’un coup d’épaule, il acheva le travail.

– Attention ! cria Mara.

Le Whipide s’écarta, évitant les décharges de blaster des larves, qui se précipitaient dans le couloir en tirant à l’aveuglette.

– Massacrez-les ! beugla Doole.

Une initiative malheureuse, car les larves, entendant sa voix, firent volte-face et le canardèrent. Vif comme l’éclair, il parvint à se mettre à l’abri derrière une plaque de blindage.

– Pas moi !

Le Trandoshéen ouvrit le feu. En bon professionnel, il descendit deux larves comme à la parade et parvint à entrer dans la cellule. Avant que ses compagnons puissent le suivre, une explosion retentit. Yan, Mara et les deux gardes de Mistryl profitèrent de la diversion pour avancer en force. Yan abattit une troisième larve au moment où le plafond s’écroulait à demi.

Ivre du désir de se venger, plusieurs femmes rybets tombèrent du ciel et atterrirent dans les appartements privés de Doole. Armées de blasters – le sac perdu par Moruth –, elles ouvrirent immédiatement le feu sur le refuge de leur Némésis.

Les larves aveugles pointèrent d’abord leurs armes sur les assaillantes. Puis, comme si elles avaient communiqué avec leurs mères, elles les retournèrent contre Doole.

– Arrêtez ! Arrêtez ! cria ce dernier.

Au côté de Lando, Yan se faisait aussi petit que possible, car il ne désirait pas se mêler à une guerre civile. Doole fut bientôt obligé de lâcher son bouclier surchauffé. Sautant de son orbite, son œil mécanique tomba sur le sol, où il se brisa.

Alors le Rybet appuya sur un bouton caché dans le mur. Une trappe s’ouvrit à ses pieds. Sans hésiter une seconde, Doole s’engouffra dans son tunnel d’évasion.

– Poursuivons-le ! cria Lando. Il faut l’arrêter avant qu’il ne fasse n’importe quoi dans mes mines.

Les larves survivantes avancèrent comme si elles voulaient elles aussi plonger dans le tunnel, que ce fût pour suivre Doole ou pour le traquer. Leurs mères les en empêchèrent avec de petits cris.

Yan s’aperçut qu’elles dévisageaient avec appréhension les contrebandiers.

Il n’avait pas le temps de jouer les diplomates ! Se précipitant vers la trappe, il s’agenouilla et plongea la tête dans l’obscurité.

Les pas du fuyard s’entendaient encore très nettement.

Yan se releva. Les larves approchèrent et tirèrent plusieurs fois dans le trou, comme si elles avaient pu atteindre leur bourreau.

– Le glitterstim ! cria Lando. Il ne lui faut pas de lumière.

Yan tendit l’oreille et capta un nouveau bruit qui lui glaça le sang. Ce n’était pas très fort, mais on eût dit que des centaines de pattes raclaient la pierre.

Les araignées d’énergie approchaient, attirées par la chaleur corporelle d’une créature vivante.

Les pas de Doole résonnaient d’une manière étrange, un peu comme s’il avait tourné en rond.

Les raclements se firent de plus en plus nombreux. Une véritable colonie d’araignées d’énergie vivait là-dessous. Après une longue disette, elles sentaient de nouveau la présence d’une proie.

Un cri inhumain retentit ; le bruit de la course du Rybet mourut.

Le silence retomba. Les araignées d’énergie avaient un festin devant elles.

S’ébrouant, Solo referma la trappe et s’assura qu’elle était verrouillée. Inutile que les araignées viennent errer dans les couloirs de la prison.

Le Corellien s’assit sur le sol, le cœur battant. Les contrebandiers semblaient satisfaits d’avoir remporté la victoire. Le Whipide s’adossa à une paroi, les bras croisés sur la poitrine.

– Une bonne chasse, hein ?

Le Trandoshéen regardait autour de lui. Sans doute cherchait-il quelque chose à manger.

Les femmes rybets s’occupèrent de leurs petits, soignant les blessés et pleurant les morts.

Lando vint s’asseoir à côté de Yan.

– Eh bien, monsieur le P-DG, tu vas pouvoir lancer ta restructuration…

Yan, Lando et Mara regagnèrent le Faucon et reprirent le chemin de la lune. Jade et Calrissian se parlaient plus facilement à présent que l’ami de Solo ne faisait plus le joli cœur à tout bout de champ. Mara avait même cessé d’éviter le regard de son interlocuteur, et elle ne levait plus un menton hautain chaque fois qu’il disait un mot Au contraire, elle lui répéta plusieurs fois que le Lady Luck ne risquait rien derrière le champ de force de la prison.

Lando semblait à moitié convaincu, mais il ne voulait pas contredire l’objet de sa flamme.

– Nous allons devoir remplir un tas de papiers, lui dit Mara. J’ai tous les contrats dans mes bagages, à la base. On peut s’acquitter à l’amiable des formalités, mais il y aura quand même des tonnes de formulaires à signer et autant de documents à contrôler.

– Nous signerons et nous contrôlerons ! s’enthousiasma Lando. Je veux que cette association soit longue et prospère. Pour commencer, nous devrons réfléchir ensemble au meilleur moyen de reprendre la production. C’est dans notre intérêt commun, n’est-ce pas ? D’autant que je vais devoir investir une fortune dans l’affaire. Il faut recommencer à vendre au plus vite…

Yan écoutait la conversation de ses amis d’une oreille distraite.

Rentrer chez moi, voilà ce que je veux ! Plus de détours par l’une où l’autre planète…

Le Faucon venait de quitter l’atmosphère de Kessel quand un appel de la base retentit dans les haut-parleurs.

– Attention ! Un grand vaisseau approche du système. Et quand je dis grand, ça n’est pas une figure de style !

Yan ne perdit pas un instant.

– Lando, balayage senseurs !

Calrissian s’exécuta. Il releva la tête, les yeux écarquillés.

– Grand est un sacré euphémisme, souffla-t-il.

Yan apercevait déjà l’objet à travers le cockpit en plastacier. Il avait la taille d’une petite lune.

– Une Etoile Noire…

Les réparations avaient pris plus longtemps que prévu, plongeant Tol Sivron dans la frustration. Aujourd’hui, le prototype était enfin prêt à attaquer le système solaire le plus proche.

Sivron tourna la tête, ravi d’entendre le capitaine des commandos donner les ordres idoines. La délégation des responsabilités était la clé de voûte du commandement. Bref, le Twi’lek adorait être assis dans son fauteuil pendant que les autres se tapaient le boulot.

Doxin prit la parole :

– La cible est en vue, directeur Sivron.

– Parfait, fit Tol, observant avec intérêt la planète et son satellite.

– Je relève une activité spatiale significative, dit Yemm. J’enregistre tous ces détails pour la postérité, avec mes commentaires. Nous aurons besoin de rapports précis pour remplir un mémo sur les performances du prototype.

– La cible est une base rebelle, dit Sivron, ça ne fait pas de doute. Réfléchissez à sa position. C’est sûrement de là que venait notre prisonnier, Yan Solo.

– Comment pouvez-vous en être si sûr ? demanda Golanda.

Impatient, Sivron fit un geste de la main.

– Nous devons essayer cette Etoile Noire, oui ou non ? Une cible se propose à nous. Pourquoi ne serait-elle pas une base rebelle ?

– La base lunaire émet des messages d’alarme. Il doit bien s’agir d’une installation militaire, dit le capitaine des commandos.

Plusieurs navires forts bien armés venaient à l’instant de quitter la lune pour orbiter autour de la planète.

– Ils ne peuvent rien contre nous, dit Sivron, pas même fuir. Tirez dès que vous serez prêts. (Il sourit, dévoilant ses dents pointues.) J’ai un très bon pressentiment.

– Je n’avais jamais rêvé de voir cette arme en action, dit Doxin, aux anges.

– Elle n’a jamais été étalonnée, rappela Golanda, plutôt sombre.

– Nous allons utiliser un superlaser antiplanétaire. Pourquoi diable aurait-il fallu l’étalonner ? objecta Doxin.

– Procédure de visée engagée, dit le capitaine des commandos.

Dans les puits de tir, ses hommes, après avoir compulsé le manuel d’utilisation, allaient jouer le rôle de canonniers.

– Pourquoi est-ce si long ? s’impatienta Sivron.

Comme pour lui répondre, les lumières de la passerelle baissèrent, indiquant que toute l’énergie, ou presque, était concentrée sur l’armement.

Les rayons du superlaser déchirèrent l’espace et leur cible ne fut bientôt plus qu’une boule de feu.

Tol Sivron applaudit.

Yemm nota avec application.

Doxin poussa un cri de triomphe.

– Manqué ! lâcha Golanda.

Tol Sivron plissa les yeux.

– Plaît-il ?

– Vous avez touché la lune, pas la planète.

Le directeur dut reconnaître qu’elle avait raison. La planète était toujours entière.

Les vaisseaux qui avaient fui le satellite ressemblaient à un vol d’oiseaux affolés.

Le directeur fit un nouveau geste de la main. Cette fois, on eût dit qu’il chassait une mouche.

– Ça n’est qu’un détail. La cible n’était qu’un détail. A présent, nous savons que le prototype est fonctionnel. Les rapports ne mentaient pas… (Il prit une grande inspiration.) L’heure est venue de nous servir de cette arme, messieurs.

Les champions de la force
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